lundi 9 juillet 2012

Quel Grand Colombier ? (ou petite pensée pour Philippe Noël et Vincent Mélon)

Françoise et moi avons pris notre temps, ce matin. Petit-déjeuner avec Jean-Luc CANARD. Elyett n'est pas une lève-tôt, paraît-il (nous le confirmons). ;)) Notre hôte est un passionné de vélo, même s'il n'a pas beaucoup de temps à y consacrer pour le moment. Il est affilié au club de Mâcon. C'est de famille, puisque son neveu fait tout pour passer pro. Pour le producteur de Saint-Amour, il faut sortir le drapeau du Fonds Ariane siglé d'un coeur. C'est évident ! 


Nous prenons quelques clichés. Ils immortalisent notre passage dans le Beaujolais. Je pense y revenir à nouveau.



Mais nous devons nous rendre à Mâcon, le long de la Saône. Je parle de cette ville à mes élèves de deuxième année pour illustrer l'élargissement des murailles médiévales dans les villes aux environs du XIIème siècle... et je ne l'avais jamais vue. C'est fait et c'est tout bénef : on  parle mieux de ce qu'on a vu ou vécu !

Et le départ est donné pour cette étape que j'appréhende. Au menu, trois cols, dont le Grand Colombier, qui fait figure d'épouvantail tant on me l'a décrit comme rude aux pourcentages affolants. Cela dit, à ce moment-là de la journée, je ne savais pas qu'on l'escaladait par son côté le "moins" pentu, c'est-à-dire par Culoz. C'est donc un peu tendu que je m'élance.


C'est parti pour une longue approche de 80 km au cours desquels je fais connaissance avec la vallée alluviale de la Saône, ses villages typiques et ses champs céréaliers où poussent pêle-mêle blé, maïs, tournesols et autres. Les senteurs vont avec les plantations et ne diffèrent pas beaucoup des régions belges que je parcours à longueur d'année.Chemin faisant, je fais la connaissance d'Hervé Thonnier, membre actif au sein des organisations Ufolep du département. Cet affable fabriquant de vaccins me met sur la bonne route et nous nous quittons du côté Villars-les-Dombes après être passés tout près du "Parc des Oiseaux" qu'il m'a chaleureusement recommandé. Bonne route à toi, Hervé.


Mes sensations ne sont pas excellentes. Est-ce dû au relâchement d'hier (retrouvailles, vin et resto) ou au stress de l'étape ? Peu importe, mes jambes ne fonctionnent pas comme je l'entends !

A Ambronnay, j'entre dans le vif du sujet : la côte qui mène à Corlier (2ème catégorie). Un long faux-plat de deux ou trois km pour aller à un tournant à droite et c'est parti pour prendre le rythme durant cette ascension monotone. Le plateau qui suit est jalonné de deux autres cols non-répertoriés, celui de la Berche et de la Lèbe.



J'entame une longue descente vers Culoz. C'est le gros morceau !! Le Grand Colombier s'élève sur ma gauche. Je le regarde. Je le défie. A nous deux, mon grand !! Et en avant !!

Ce truc est raide, mais je l'entame par son côté le plus facile !! Comme vous le constatez, c'est aisé ! La photographe n'a pas incliné l'appareil, je vous l'assure. Mais l'ascension vaut le détour : la vue sur le lac du Bourget est tout bonnement magnifique. Philippe Noël m'avait prévenu que c'était joli et Vincent Mélon que c'était dur !!




Je gravis la première partie de la pente qui mène à un autre flanc de la montagne. Cette crête est constituée d'une dizaine de lacets très courts et pentus. A la télé, ça doit bien donner. Je commence à trouver mon rythme. Après un léger replat de quelques centaines de mètres à 2 ou 3 % (où j'ai l'impression d'être en descente !!!), j'entame la deuxième partie. Il reste dix km. Et là, je me prends au jeu et accélère. Je me sens bien. Les jambes tournent.


Dans le dernier km, je suis encouragé par quelques personnes à qui Françoise avait sommairement expliqué le défi. C'est agréable ! J'arrive au sommet !! Je l'ai CROQUE, ce col, cet épouvantail !!


La descente est rapide et piégeuse. Un drapeau français recouvre un champs entier. Il est énorme et les personnes qui le placent éprouvent quelques difficultés avec le vent. Ca me fait doucement rire. Je passe dans un forêt de pins qui embaument l'air de leur odeur caractéristique.

Très rapidement, j'entame le dernier col, celui de Richemond. Comme je me suis donné dans le précédent, la sanction tombe : mes jambes sont mortes. Alors, je me résigne, prends le rythme et atteint lentement le sommet de la dernière difficulté du jour. Ce col est sympa, rien que par son nom (même si le fromage se termine par un"t") et par le caractère typique des villages.



Puis, c'est une interminable descente vers Bellegarde. Nous avons cherché l'arrivée pendant trois-quarts d'heure !!!! Mais nous l'avons trouvée. J'ai franchi cette ligne située devant le lycée Saint-Exupéry, dont les salles de cours donnent sur la station de ski, vers 20h après 9 heures de selle, 209 km (détours compris), 3724 mètres de D+ et à 23,3 km/h de moyenne.


Mary Luthi peut avoir le prix de la patience, puisqu'elle nous a accueilli et nourri d'une excellent omelette (aux oeufs des poules de la maison), servie aux environs de 21h30, alors qu'elle ne fait pas table d'hôtes. C'est seulement pour l'occasion.

Ce matin, nous prenons le temps de prendre le temps !!!! C'est repos. Je poste ce message, puis nous irons passer l'après-midi à Annecy pour, peut-être, y retrouver Georges Fohn et "sa" Françoise. Il fait l'étape de demain avec moi.

Autrement dit, je vous donne rendez-vous demain soir si tout va bien (connexion internet, temps, état physique et mental). Nous dormons aujourd'hui chez Monsieur et Madame Avrillon à Villars-sur-Thones.

A Bientôt.

7 commentaires:

  1. Bravo Rudy! trèèèèèès fière de toi mon grand .
    encore une difficile demain

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  2. bravo Rudy , super et merci pour le drapeau vous formidable
    Norbert et monique fonds ariane
    un grand merci aussi de la part du Prof BRON insitut Bordet hematologie

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    1. Merci Norbert, merci Monique. Je fais ce que je peux pour le fonds Ariane.

      remets le bonjour au Professeur BRON... que je ne connais pas encore.

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  3. Salut Rudy,

    Toutes mes felicitations,vraiment impressionnant et quel plaisir de lire le compte-rendu de tes exploits au quotidien.

    Mais On a qd meme un probleme...les producteurs de lait manifestent a bruxelles. Toute la profession comptait sur toi pour engloutir 1,5 litres de lait apres chaque etape... qu'en est-il ;-)?tu parviens à maintenir ton poids constant?

    malgre tout deçu de ne pas avoir pu t'accompagner une seconde fois dans la planche des belles filles...

    Bon courage pour la suite et un grand bonjour au pere masseur.

    Matthieu Alsteens

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    1. Je crois que les producteurs de lait vont avoir une surproduction énorme : j'avais mis 1,5 litres, mais c'est 0,5... que je n'ai pas bu !!!! :)))) Le lait tournait durant la journée et après, pas le temps d'aller au magasin.

      J'ai maintenu mon poids, mais qu'est-ce que j'ai fondu en graisse !! J'ai plus rien sur la peau !!!

      Et toi, la Marmotte ???

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  4. coucou parain
    bon courage pour la suite.
    je t'aime beaucoup,

    ta filleule Théroigne

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  5. Courage à toi mais ce que cela a l'air difficile. Je préfère tes commentaires audio à ceux de ta dulcinée.... Bises et à bientôt.
    Yéti

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